Sculpteur, Olivier Sévère interroge les notions physiques de poids, de forme et de gravité propres à sa pratique artistique. Marbre, verre, bronze ou porcelaine composent le sens et parfois le « non-sens » de ses oeuvres, car la question du matériau demeure au premier rang de sa démarche. Les savoir-faire qui lui sont liés, sa provenance voire sa genèse sont autant de champs qu’il explore. Son regard sur la matérialité de ce qui l’entoure induit dans sa production des notions comme le naturel et l’artificiel, mais aussi la métamorphose perpétuelle de la matière et des formes. Progressivement, la pierre est devenue son principal sujet de réflexion. Sur le mode de la reconstitution il lui donne corps dans une collection de fragments cristallins semblables à des minéraux, défie l’ordre naturel par la démultiplication artificielle d’un caillou, ou questionne l’origine végétale du marbre et la création des massifs montagneux dans un paysage émergent du sol de la cathédrale de Lausanne. Doucement la vidéo va s’immiscer dans sa pratique et venir étendre et prolonger ses recherches en introduisant l’image et une certaine forme de narration.

Ses expositions personnelles et collectives puis ses résidences dans un premier temps en France se développent aujourd’hui à l’étranger. En 2015 en résidence au Musée national d’art moderne et contemporain de Corée à Séoul, en 2016 en résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto, puis en 2019 à la villa Salammbô à Tunis. Après deux dernières expositions personnelles au Musée de la Chasse et de la Nature puis au Musée du Moyen-Age à Paris en 2017, une nouvelle exposition personnelle est en cours de préparation et aura lieu à la galerie Loko à Tokyo courant 2020.

« Du détournement d’objets manufacturés reproduits en roche à la taille de pierres précieuses, Olivier Sévère sculpte la matière minérale pour en révéler le potentiel de singularité. Au seuil du naturel et de artificiel, ses oeuvres jouent sur la collision entre processus physiques et imaginaires pour sortir le monde lapidaire de sa prétendue inertie. (…) Entre réalisme documentaire et naturalisme poétique, le plasticien mobilise tous les ressors du « fantastique naturel » évoqué par Roger Caillois pour décrire l’écriture mystérieuse des pierres, dont l’aspect biomorphique contredit magiquement la nature inanimée.»

Florian Gaité

Olivier Sévère