Pour certains de ses objets du quotidien, Antonis Cardew travaille le bois vert à l’image de sa série de pots. Ils en illustrent les origines mais également son rapport à la matière, à la nature, à sa préservation et incarnent plus humblement la relation que nous entretenons avec elle.

Les essences normandes qu’il emploie (pommier, poirier etc…) proviennent de branches ou de troncs tombés de vieillesse ou par fatigue sous le poids des fruits. Autrefois employées localement pour la menuiserie ou l’ébénisterie, ces variétés fruitières ont été délaissées sous le fait de l’industrialisation.

Immédiatement tourné tant qu’il est encore vert, le bois abandonné donne corps à des objets utilitaires et uniques adaptés aux noeuds, à la taille ou à la couleur de la matière première, précisément étudiée et pour chaque tronçon. En séchant, les objets se déforment peu à peu et trouvent leur forme par eux-même. Elle raconte toute la force et la complexité de leur existence simple.